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The end has no end.

Je ne ressentais plus le besoin ni l’envie d’écrire par ici, twitter et tumbler me suffisent largement.Mais je me suis retrouvée entrain d’écrire “pour un faire un parfait album de notre fin des années 2000.” dans une chronique, et non, bon sang, rien ne va plus.Fin des années 2000 ? Merde ! L’an 2000 c’était un putain de réveillon où l’on avait regardé le soleil se lever avec ma mêre, où l’on avais eu peur que tout nous pette à la gueule et où l’on avait mangé une buche dégueulasse. Ma grand mêre faisait encore à manger pour noel, j’avais mes sacs pleins de cours d’économie et j’avais les cheveux effilés.  Et voilà que je chronique un “parfait album de notre fin des années 2000.” pour un magazine qui sortira dans deux mois. Life goes on.   

Life etc.

Il y a la période où l’on a nos amis qui se marient. Et ça nous fout le cafard. Parce que la réalité revient subitement en pleine face. La vie avance, inexorablement, on grandit, on avance, on apprend, on prend sur soi, on découvre et on oublie, parce qu’on a décidé qu’on sera pas comme ça, nous.
Et il y a la periode où l’on a nos amis ont des enfants. Et là forcément ça ne peut que appeler le cafard. On a vu ses gens tout bourrés un pétard à la main le jour de l’anniversaire de ses 16 ans, et c’est maintenant entiché d’un mome, qui devient évidement le centre du monde, qu’on les retrouve.
Jusqu’à là, c’était facile. Rien de méchant. On a toujours souri très très fort pour conjurer le sort, et puis c’est passé. Bande de cons, tout ça, tout ça. Oublié.

Et il y a le jour où vous apprenez que l’un des parents de vos amis vient de mourir.
Et là, tout au fond de vous, vous vous dites que là, la vie a bien fini par vous rattraper, façon sévère, et que même en souriant très fort, ça ne passera pas avant longtemps.
Et comme vous êtes d’un naturel huitrier, vous gardez tout pour vous et vous faites tout foirer. Mais vous avez l’habitude, en quelque sorte.

Installations

Je suis dans une chambre qui n’est pas la mienne, sur un ordinateur qui n’est pas le mien, je suis sur IE (arg), et j’entend la télévision trop fort en bas.

Je suis dans la nouvelle maison de mes parents, qui est près mais qui est loin, tout est relatif.
Même si j’ai déballé disques et platines (et découvert avec rage que l’ampli Pioneer couine comme un malpropre depuis que quelqu’un l’a cogné pendant le déménagement, et que mon Rotel commence vraiment à se faire vieux, bref.) j’ai toujours l’impression d’être en vacances et d’attendre pour retourner chez moi.

My best ever, mon ami de 30 ans, comme dirait l’autre, n’a pas voulu venir nous voir empaqueter et encartonner, scotcher et papierbuller une vie il y a quelques week end de celà. Cet horrible week end où j’ai du répondre présente pour cet horrible free lance - le bon point, c’est que cela m’a vacciné - tout en voyant le reste de la famille osciller entre larmes et rires. C’est marrant, je n’avais jamais vu mon père pleurer.
Après tout, pleurer parcequ’on quitte une partie de sa vie, c’est plus légitime de pleurer parceque quel qu’un d’autre a perdu la sienne.
Et puis on s’y fait, hein, cette phrase que j’ai entendu des millions de fois depuis ce déménagement.
Bien sur qu’on s’y fait, bande d’andouilles, laissez nous juste le temps de nous retourner un peu sur ce qu’on a fait.

Parce qu’on s’y est fait. Et on en est tous sorti grandis - certes toujours un peu orphelins de quelquechose, mais grandis. Au fond de nous, on le savait. Il fallait juste nous laisser vivre ça.

Miette #7

Quand j’appelle mes parents au téléphone en pleine journée,  j’ai toujours le droit à cette question résumant à elle seule à leur opinion sur mon travail:

“T’es au boulot, là ?”

Oui, je suis au boulot. C’est pour ça que je fais rapide, que mon numéro est celui qui est sur ma carte de visite. Je me rend au travail tous les jours et avec des horaires relativement homogènes. Oui, je suis au boulot, c’est un boulot, je ne vois pas pourquoi ça ne serais pas un boulot, juste parce que c’était pas une carte des 7 familles des métiers  ?

Palma de oro 1984

fut gagnée par Paris, Texas, un film de Wim Wenders, Harry Dean Stanton, Nastassja Kinski, musique de Ry Cooder, je le sais parce que ça fait depuis presque toujours que cette affiche est dans ma chambre, chez mes parents, et que là, je vais me lever du canapé, glisser jusqu’à la dite chambre, en prenant soin d’appuyer sur l’interrupteur du couloir qui fait “dzzzt” quand on appuie dessus, monter sur une chaise et décrocher cette affiche.

Et peut être que je vous parlerais du cafard que ça me fout de me dire que ça y est, c’est fini, mes cartons, les cartons de tout le monde, tous les cartons, et que dans une semaine, je devrais aller faire changer l’adresse sur ma carte d’identité, puisque plus personne n’habitera là, mais dans le 77.

urk.

Et pendant ce temps là…

J’ai -constamment- des collègues qui partent partout.
“Je suis à New York - Je suis à SF (prononcer aisse-aiffe) - Je suis li - Je suis là”, les mails “send via blackberry” ou “send via iPhone” s’égrennent dans mon entourage -probablement le pire logiciel que je n’ai jamais utilisé, et celui au nom le plus improbablement con- tandis que fidèle au poste, je rêve de lunettes de soleil et de grands chapeaux noirs dans la bay ou de brume matinale -décalage horaire, tu dors pas, alors tu colles ta tronche sur la vitre de la chambre trop grande et trop luxueuse de l’hôtel qu’une secrétaire t’as trouvé- sur Chicago.Je lis soigneusement ValleyWag, mon plaisir quotidien, une sorte de Public pour Geeks Web2 (hyper ciblé) -mon rêve secret? en sortir la version FR- et savoure les potins sur la nouvelle copine de Kevin Rose glanés sur Twitter (je vous avais bien dit, hyper ciblé).Je reçois des “Just about to board plane so will respond asap.” et je soupire mollement en buvant une nième tasse de café.Je reste là, fidèle au poste, sur un bureau trop petit, avec des mails à envoyer, des brief à réceptionner, des plannings à organiser, des projets à finaliser et des “Tu fais comment pour les vacances ? - Ben je fais pas, te bile pas”.

Je suis une petite main du boulot - certains m’appellent “le petit animal politique”, dois-je bien le prendre ?- je reste tard, j’aime ça et je resterais à Paris pour le 5ème été consécutif.

< ironie >Mmmm, so sweet.

Last minute point com

Il y a mes haut parleurs qui viennent de capter une radio ou une CB ou je ne sais quoi, ça arrive de temps en temps,  et il y a eu l’espace d’un instant des chants d’oiseaux (?!?) dans mon salon. Après, on pense que je suis pas bien dans ma tête. Du tout, ce sont les circonstances.

Asi es mi vida loca.

J’ai fini mon mémoire.

Encore une fois. Je ne m’en lasse pas de l’écrire.

J’ai fini mon mémoire.

Relu, corrigé, relié, envoyé. Adieu boulot, adieu enveloppe marron. Je soutiens en septembre. Mais pour l’instant…

Laissez moi profiter du rien.

J’ai eu environ cinq heures de battement entre l’impression du mémoire et le moment où la vie normale a repris ses droits : tout porte à croire que le destin aime me voir couché inerte sur ma moquette verte, bouche entre ouverte et yeux livides.

Le bon coté des choses, c’est que ça m’a donné envie d’écrire plein de papiers, notamment sur Pourquoi je reste dans une boite qui m’empaoute à sec et Pourquoi il n’y a qu’une seule personne dans cette boite qui ne trouve pas légitime que je fasse ce que je fais et qu’il faille que cette personne ce trouve dans mon équipe directe.

Sur ce, bonne nuit.

 

Miette #6

Quand j’écoute Cold War Kids, je me remémore toujours les vacances au ski il y a un peu plus d’un an, passées à brailler Hang me up to dry sur les télésièges. Le rocknroll a définitivement sa place partout.

Bordel.

Ce samedi est un samedi assez fréquent dans mon monde, un samedi où je range.

Je suis de celles qui accumulent des choses, papiers, bouquins, revues, documentations diverses et petites merdes en tout genre. J’ai une tonne cinq de fringues en bazar dans ma commode, un petit meuble à tiroir que je n’ouvre presque jamais et qui est plein de choses tout à fait inutiles que je garde au cas où.

Je hais ce coté de ma personnalité - certains disent que ça a rapport avec mon coté créatif, mouais - et je fantasme sur un appartement vide et blanc, où je saurais garder que ce qui me sert vraiment, ma pierzyna, mon ordinateur, les papiers de la banque, quelques fringues, mes consoles, deux sacs et mon panier de couture.

Alors je m’y attelle, à chaque fois le coeur gorgé d’envie après avoir zoné sur des sites d’appartements new-yorkais juste parfaits, et à chaque fois, je me retrouve gavée devant des tas soigneusement disposés de choses diverses. Est ce que je vais vraiment me servir de toutes ces tonnes de papier vergé ? Mais je ne peux pas le jeter, ça serait du gâchis. Vais-je un jour remettre cette ceinture ou ce foulard ? Peut être. Et ces bougeoirs, je les adore, mais je n’ai pas la place pour les mettre quelque part. Mes livres sur le design que j’ouvre une fois par an mais dont je ne peux me séparer, parce que sont des livres, qu’ils m’ont coûté la peau des fesses. Mes sacs à mains. J’en ai une tonne. Je me sert de cinq d’entre eux maximum.

Je mise beaucoup d’espoir dans le déménagement prochain et programmé de mes parents dans une maison avec une cave. Ou je pourrais, comme des millions de gens, j’en suis sur, me délester de l’inutile sans subir l’hésitation maladive au moment de vider les sacs en plastique noir dans le bac commun de l’immeuble.

Alors que je sais que la probabilité que je me resserve de ces choses est minime.

Il faut se rendre à l’évidence. Je suis tarée.

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